Une danse née de trois mondes
La cumbia, ce sont des rythmes et des danses populaires d'Amérique latine, nés à l'époque coloniale de la
rencontre entre peuples autochtones, Européens et Africains. La cumbia colombienne est à l'origine de toutes les
autres : au XXe siècle, elle sort de Colombie et gagne toute l'Amérique latine.
Ses instruments traditionnels sont trois tambours, la tambora, le tambor alegre et le llamador, et des flûtes, les
gaitas et la flauta de millo. Elle s'écrit à deux temps (2/2 ou 2/4) ; ma leçon, elle, est notée à quatre temps.
Au piano, ni tambours ni flûtes : la main gauche marque les temps, la main droite joue entre eux, et la mélodie se
cache dans ses accords.
Sur le temps, à contretemps
Tout le balancement tient en deux gestes qui alternent. La main gauche joue sur chaque temps, en noires, la
fondamentale puis la quinte de l'accord : la et mi sous Am (le mi plus grave que le
la), mi et si sous E7, ré et la sous Dm. La main droite joue sur
chaque « et », les contretemps : un accord de trois notes, court, entre deux notes de basse. Les mains ne jouent
jamais ensemble, et à elles deux elles remplissent toutes les croches de la mesure.
Dans ces accords, les deux notes du bas restent en place tant que l'accord ne change pas (mi et la
sur Am, ré et sol dièse sur E7, ré et fa sur Dm) ; c'est la note
du haut qui bouge. Quand elle monte au mi ou au fa aigu, le ré du bas se tait : l'accord
tient ainsi dans une octave. Mises bout à bout, ces notes du haut forment la mélodie : pas de mélodie à part, elle
est portée par les accords, à contretemps.
Le sol dièse de E7 n'est pas dans la gamme de la carte (la, si, do, ré, mi, fa, sol) : c'est
la tierce de E7, qui rend l'accord majeur et le fait tirer vers la. Dans les sections, la carte écrit
en minuscules (i, iv) les degrés dont l'accord est mineur : Am et Dm.
Comment l'aborder
Mon programme t'accompagne en 7 jours. Cette leçon ne demande pas de vitesse : elle demande que les deux
mains alternent sans jamais se marcher dessus.
- La main gauche seule. Une noire par temps, fondamentale puis quinte. Toutes ses notes tiennent entre le
ré et le si graves : la main ne bouge presque pas.
- Les contretemps seuls. Compte « 1 et 2 et 3 et 4 et », et joue à la main droite les deux notes du bas de
chaque accord, sur les « et » seulement.
- Ajoute la note du haut. Garde le pouce et l'index sur les deux notes du bas, et laisse les doigts du haut
chanter la mélodie.
- Mains ensemble, lentement. Dis « boum-tchac » : la basse sur le temps, l'accord sur le « et ». Ne
t'arrête pas entre les phrases : la basse, elle, ne s'arrête jamais.
- Les passages que je signale (mesures 4–5, 8–9 et 10) n'apportent pas de rythme nouveau : ce sont les
jointures entre deux phrases et l'entrée du pont, puis la mesure 10, où la note du haut saute de do à
mi à chaque contretemps.