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Comprendre la cumbia

Une leçon de Wolfi

Le balancement de la cumbia colombienne : la basse sur les temps, les accords à contretemps, en la mineur, sur trois accords.

La mineur · 4/4 · 96 à la noire · 17 mesures · 42 s · niveau débutant

Avec un compte gratuit

Une danse née de trois mondes

La cumbia, ce sont des rythmes et des danses populaires d'Amérique latine, nés à l'époque coloniale de la rencontre entre peuples autochtones, Européens et Africains. La cumbia colombienne est à l'origine de toutes les autres : au XXe siècle, elle sort de Colombie et gagne toute l'Amérique latine.

Ses instruments traditionnels sont trois tambours, la tambora, le tambor alegre et le llamador, et des flûtes, les gaitas et la flauta de millo. Elle s'écrit à deux temps (2/2 ou 2/4) ; ma leçon, elle, est notée à quatre temps. Au piano, ni tambours ni flûtes : la main gauche marque les temps, la main droite joue entre eux, et la mélodie se cache dans ses accords.

Sur le temps, à contretemps

Tout le balancement tient en deux gestes qui alternent. La main gauche joue sur chaque temps, en noires, la fondamentale puis la quinte de l'accord : la et mi sous Am (le mi plus grave que le la), mi et si sous E7, ré et la sous Dm. La main droite joue sur chaque « et », les contretemps : un accord de trois notes, court, entre deux notes de basse. Les mains ne jouent jamais ensemble, et à elles deux elles remplissent toutes les croches de la mesure.

Dans ces accords, les deux notes du bas restent en place tant que l'accord ne change pas (mi et la sur Am, ré et sol dièse sur E7, ré et fa sur Dm) ; c'est la note du haut qui bouge. Quand elle monte au mi ou au fa aigu, le ré du bas se tait : l'accord tient ainsi dans une octave. Mises bout à bout, ces notes du haut forment la mélodie : pas de mélodie à part, elle est portée par les accords, à contretemps.

Le sol dièse de E7 n'est pas dans la gamme de la carte (la, si, do, ré, mi, fa, sol) : c'est la tierce de E7, qui rend l'accord majeur et le fait tirer vers la. Dans les sections, la carte écrit en minuscules (i, iv) les degrés dont l'accord est mineur : Am et Dm.

Ce que joue la leçon

  • A (mesures 1 à 4) : Am (la mineur), deux mesures de E7, puis Am. La mélodie tourne autour de do, descend sur si pendant E7 et revient à do : E7 qui retourne à Am, c'est une cadence parfaite.
  • A (mesures 5 à 8) : la même phrase, note pour note.
  • B (mesures 9 à 12) : le pont part de Dm, le iv, et la mélodie monte jusqu'au fa aigu, la note la plus haute du morceau ; puis Am, E7 et Am la ramènent, par la même cadence.
  • A (mesures 13 à 16) : la phrase du début.
  • La coda (mesure 17) : un accord de Am tenu, do, mi, la au-dessus d'un la à la basse. Pour la seule fois du morceau, la main droite joue sur le temps : c'est la fin.

La forme

Les sections du morceau et leurs accords : la carte qu'on apprend avant d'en jouer une note.

A A B A Coda

SectionMesuresAccordsFin de phrase
A 1–4 Am · E7 · Am
i · V7 · i
Cadence parfaite
A 5–8 Am · E7 · Am
i · V7 · i
Cadence parfaite
B 9–12 Dm · Am · E7 · Am
iv · i · V7 · i
Cadence parfaite
A 13–16 Am · E7 · Am
i · V7 · i
Cadence parfaite
Coda 17–17 Am
i
—

La tonalité

La mineur
Aucune altération à la clé
Gamme
la · si · do · ré · mi · fa · sol
Accords piliers
I = Am · IV = Dm · V7 = E7

Les passages délicats

  • Mesures 4–5 : la mesure la plus chargée du morceau
  • Mesures 8–9 : la mesure la plus chargée du morceau
  • Mesure 10 : la mesure la plus chargée du morceau

Comment l'aborder

Mon programme t'accompagne en 7 jours. Cette leçon ne demande pas de vitesse : elle demande que les deux mains alternent sans jamais se marcher dessus.

  1. La main gauche seule. Une noire par temps, fondamentale puis quinte. Toutes ses notes tiennent entre le ré et le si graves : la main ne bouge presque pas.
  2. Les contretemps seuls. Compte « 1 et 2 et 3 et 4 et », et joue à la main droite les deux notes du bas de chaque accord, sur les « et » seulement.
  3. Ajoute la note du haut. Garde le pouce et l'index sur les deux notes du bas, et laisse les doigts du haut chanter la mélodie.
  4. Mains ensemble, lentement. Dis « boum-tchac » : la basse sur le temps, l'accord sur le « et ». Ne t'arrête pas entre les phrases : la basse, elle, ne s'arrête jamais.
  5. Les passages que je signale (mesures 4–5, 8–9 et 10) n'apportent pas de rythme nouveau : ce sont les jointures entre deux phrases et l'entrée du pont, puis la mesure 10, où la note du haut saute de do à mi à chaque contretemps.

Le programme : 7 jours

Une demi-heure par jour. Je te fais d'abord comprendre la carte du morceau, puis on pose la charpente des accords, on apprend chaque section phrase par phrase, on travaille les passages délicats, on assemble et on monte au tempo, jusqu'à le jouer par cœur.

Sources

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